Les cours en amphi moins efficaces pour réussir

Je reprends ici un article du Figaro L’étudiant, pour vous reparler des lieux d’apprentissage avec ce focus sur les amphithéatres et ses cours magistraux …

Le Huffington Post nous a également parlé du sujet ici

Souvent jugés ennuyeux par les étudiants, les cours magistraux ne permettent pas d’obtenir d’aussi bons résultats que les méthodes d’enseignement plus actives, selon les résultats d’une étude américaine.

On s’en doutait, une étude le confirme: les cours magistraux sont moins efficaces que des méthodes d’enseignement plus actives, telles que les travaux dirigés ou autres cours en groupes où l’interaction est encouragée.

Selon cette étude publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), les étudiants qui suivent des cours magistraux sont 1,5 fois plus susceptibles d’échouer aux examens que leurs camarades suivant des cours basés sur «l’apprentissage actif». Celui-ci étant défini par les chercheurs comme «engageant les étudiants dans le processus au travers d’activités et/ou de discussion dans la classe, contrairement à l’écoute passive d’un expert, et «mettant l’accent sur une réflexion de plus haut niveau», souvent associé à du travail de groupe.

Des notes plus élevées pour les étudiants impliqués dans des cours «actifs»

Pour aboutir à cette conclusion, les chercheurs ont analysé 225 cours à caractère scientifique, impliquant technologie, ingénierie, mathématiques et sciences. Les étudiants étaient divisés en deux groupes: alors que les premiers suivaient des cours magistraux, les seconds suivaient des cours «actifs», avec pour les deux groupes le même enseignant. A la fin, tous les élèves passaient le même examen. 22 % des étudiants des cours actifs ont échoué, contre 34 % de ceux suivant les cours magistraux. Les notes obtenues par les élèves «acteurs» des cours étaient par ailleurs plus élevées, en moyenne de 6 %.

«C’est vraiment un article important» s’est félicité Eric Mazur, physicien à l’université de Harvard et militant de longue date pour une pédagogie plus active, qui n’a pas pris part à cette étude. Avant d’ajouter qu’il lui semblait «presque contraire à l’éthique de faire des cours magistraux si on a ces données».

Pour Scott Freeman, l’un des chercheurs à l’origine de cette étude, le but de ce travail était notamment de fournir une base solide et fiable pour soutenir la remise en cause des cours magistraux, «forme prédominante d’enseignement» depuis la «création des universités en Europe de l’ouest en 1050».

Les MOOC, le futur des cours magistraux?

Dans les pays anglo-saxons, l’interaction est déjà bien plus développée. Souvent, les élèves sont chargés de préparer les thèmes des cours chez eux, avant d’en discuter en classe, où les effectifs sont souvent limités. Mais Scott Freeman refuse de se voir opposer le nombre d’étudiants comme obstacle à la participation des élèves. «Mon cours d’introduction à la biologie rassemble jusqu’à 700 étudiants», explique-t-il. Pourtant, pour la dernière séance de son cours, son PowerPoint ne présente que des questions, et il fait appel aux étudiants, sur la base du volontariat ou en les désignant, pour y répondre.

Moins efficace, les cours magistraux ne devraient pour autant pas complètement disparaître si l’on en croit Noah Finkelstein, chercheur à l’université du Colorado. Pour lui, si l’étude met en lumière les avantages de la pédagogie active, il y aura tout de même «toujours des moments où le cours magistral sera nécessaire». Reste que pour ses détracteurs comme Scott Freeman, le cours magistral n’étant pas plus efficace qu’un MOOC, quitte à en suivre un, «autant rester à la maison dans vos pantoufles lapin».